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Mourir dans la dignité : pourquoi la prestation de décès de la RRQ devrait être ajustée

Au Québec, nous sommes nombreux à croire que chaque personne devrait pouvoir finir sa vie dans la dignité. Pourtant, une réalité troublante persiste : pour trop de familles, offrir des funérailles décentes à un proche devient un fardeau financier difficile, voire impossible à assumer.

C’est dans ce contexte que Les Petits Frères, la FADOQ et la Coalition pour la dignité des aînés ont tiré la sonnette d’alarme avec une sortie publique pour réclamer une révision urgente de la prestation de décès du Régime des rentes du Québec (RRQ). (Voir le communiqué complet ici )

Une prestation figée depuis près de 30 ans

Inchangé depuis 1998, le montant de la prestation de décès du RRQ – établi à l’époque à 2 500 $ – ne reflète plus du tout la réalité économique actuelle.

Pourtant, le coût de la vie a considérablement augmenté depuis. Aujourd’hui, les frais funéraires de base avoisinent les 4 000 $ et dépassent souvent les 7 000 $. Une fois les taxes et autres déductions appliquées, la prestation actuelle couvre donc une portion très limitée des dépenses réelles.

Résultat : de nombreuses familles doivent combler l’écart elles-mêmes… ou se résoudre à des solutions minimales, souvent douloureuses sur le plan humain.

Une réalité de plus en plus préoccupante

Sur le terrain, les organismes constatent des situations de plus en plus problématiques. Faute de moyens, certaines personnes finissent leur vie sans qu’un rite funéraire digne de ce nom puisse leur être offert.

Dans les cas les plus extrêmes, les corps sont incinérés sans cérémonie, et les cendres se retrouvent dans ce qui est l’équivalent de fosses communes. Une réalité difficile à accepter dans une société qui se veut solidaire et respectueuse de la dignité de chacun.

Comme le souligne Catherine Harel Bourdon, présidente-directrice générale des Petits Frères, il s’agit d’une situation inacceptable qui touche particulièrement les personnes aînées en situation de vulnérabilité.

Une solution concrète et accessible

Face à cette situation, les Petits Frères et leurs partenaires proposent une mesure simple et réaliste : augmenter la prestation de décès à 5 000 $ et l’indexer annuellement afin qu’elle suive le coût de la vie. Il est important de noter que cette hausse pourrait être financée sans impact direct sur le budget de l’État. Selon nos recherches, le RRQ dispose d’une réserve suffisante pour absorber cet ajustement, tout en maintenant l’équilibre financier.

Un enjeu appelé à croître

L’urgence d’agir est d’autant plus grande que d’ici 2030, plus d’un million de personnes auront 75 ans et plus. Par ailleurs, le nombre de décès dépasse pour la première fois celui des naissances.

Dans ce contexte, les enjeux liés à la fin de vie, comme la prise en charge des personnes défuntes, vont inévitablement s’intensifier. Déjà, l’augmentation du nombre de corps non réclamés est bien documentée et représente un enjeu social préoccupant.

Préserver la dignité jusqu’au bout

Revoir la prestation de décès du RRQ serait reconnaître que la dignité humaine ne s’éteint pas avec le dernier souffle. Cette mesure représenterait du même coup un soutien significatif pour les familles et les proches en des moments déjà chargés d’émotions.

En somme, il ne s’agit pas simplement d’une question financière — mais bien d’un choix de société.

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