Aller au contenu

[Les traits d’union] Il n’y a pas d’âge pour donner une seconde chance au bonheur

« Elle n’est pas donnée à tout le monde, la seconde chance, il faut donc la saisir », dirait Madame Diane, la Grande Amie de Pierre, bénévole des Petits Frères depuis avril 2023. Elle le dirait peut-être autrement. Dans ses mots. Des mots justes, concis et clairs. Des mots sans dentelle et sans prétention. Elle dirait plutôt : « j’ai contacté Les Petits Frères et ma vie a changé grâce à vous ».

Dans le cadre de notre campagne du temps des fêtes, nous avons invité Madame Diane à témoigner de son expérience au sein de notre grande famille. Elle s’est livrée généreusement, en toute simplicité et sincérité. Elle raconte en quelques lignes seulement, son histoire et sa rencontre avec Pierre, mais le choix de ses mots frappe l’imaginaire et renverse le cœur.

Diane avec un grand sourire.

On s’y retrouve, fin des années 40’, dans un Québec d’antan, parmi une maisonnée de cinq enfants qui se tiraillent pour un bout de pain. Des scènes de la vie quotidienne d’une autre époque, jouées à la manière des Filles de Caleb, Maria Chapdelaine ou Séraphin.

Pour Madame Diane, c’est un temps qui n’a rien de légendaire. Rien de romantique. Pas de quoi en faire un film ou un roman populaire. C’est le souvenir d’une enfance difficile. Elle raconte la pauvreté de la famille, le manque, les jours sans joie, les peines et la désolation. Elle explique la dureté de la fratrie : « Les autres enfants n’étaient pas toujours gentils avec moi alors je préférais passer mes veillées dans la chambre du haut. »

Ce n’était guère mieux à l’école, là où les camarades de classe s’en prenaient à son apparence physique. Rien qui puisse lui donner confiance en l’autre. Rien qui puisse lui donner l’élan d’entrer en relation avec les autres. Se faire des ami.e.s n’était pas chose facile. Même qu’elle n’en voulait plus de peur de se faire trahir. La solitude était son seul refuge.

Madame Diane a vécu une bonne partie de sa vie chez ses parents. C’était là un endroit plus rassurant que le monde du dehors. C’est à la mort de sa mère qu’elle fut contrainte d’en sortir et de faire face à une plus grande solitude encore que celle qu’elle avait entretenue des années durant. Les anniversaires. Les événements spéciaux. Elle ramait sur le long fleuve du temps, seule dans sa barque. Isolée. Les pires traversées, c’était Noël. Sans famille. Sans ami. En ayant toujours ce sentiment de ne pas compter pour personne…

Était-ce parce qu’elle n’avait plus rien à perdre ou par espoir d’une main tendue que peu de temps avant Noël 2020, elle a saisi le téléphone et a rejoint Les Petits Frères? Qu’importe! Cet appel a suffi pour changer le sens de son existence.

C’est Keven qui a répondu d’abord, puis Stéphanie et Fanny l’ont chaleureusement invitée à prendre part aux célébrations du temps des Fêtes. Elle s’est tout de suite sentie accueillie comme un membre de la famille. Comme une Grande Amie.

Diane et son amie qui font un beau sourire

Et que dire du repas de Noël! La table était pleine. Les plats, généreux. Les cadeaux, attentionnés. La gentillesse et la bienveillance des bénévoles, rassurantes. Pour la première fois de sa vie, à 74 ans, naissait dans le cœur de Madame Diane le sentiment de compter pour les autres. Les barrières de la méfiance ont vite fait de tomber. Madame Diane a, par la suite, été jumelée à Pierre qui, depuis, lui rend régulièrement visite à sa résidence. La complicité, les jeux, les rires et la hâte des vacances d’été animent ce joyeux duo et leur donnent un regain de jeunesse.

Serait-ce pour Madame Diane, la seconde chance de renouer avec la tradition des Fêtes?

Elle est sans aucun doute habitée par une profonde reconnaissance de l’existence des Petits Frères dans sa vie. Les mots lui manquent pour exprimer l’importance de la présence de Pierre lors de ses visites. Son écoute. Son sourire. Le temps qu’il prend pour « elle ».

Grâce à ce partage, Madame Diane nous permet d’aiguiser nos sensibilités. Prendre conscience que derrière la porte d’à côté se terre peut-être un.e aîné.e isolé.e. Une âme blessée qui a perdu la foi en l’humanité et qui se referme pour mieux se protéger. Ou pour toutes sortes d’autres circonstances de la vie, des gens subissent une solitude qu’ils.elles n’ont pas choisie.

Vous avez aimé ce partage? Offrez une fleur.


Tracer un trait-d’union avec les aîné.e.s c’est mettre un point final à leur isolement, soutient la campagne de reconnaissance de l’engagement de nos précieux.ses bénévoles. Faites partie de la fête vous aussi!

Que ce soit en argent ou en temps, ni a-t-il pas dans le verbe « donner » une façon de naître par le don? Le témoignage de Madame Diane démontre que votre générosité lui a fait retrouver le sens de sa valeur dans ce monde. L’indéniable importance de compter pour les autres.

Il n’y a pas d’âge pour donner une seconde chance au bonheur.

S'abonner à l'infolettre